C'est en feuilletant le Glamour du mois de Novembre que je suis tombée sur une phrase qui illustre parfaitement mon état d'esprit du moment en matière de mode. En fait, ça fait quelques temps déjà que je réflechis à mes achats... que je vois que j'ai souvent craqué sur des vêtements que j'aime beaucoup mais qui, jour apres jour, restent tristement dans ma penderie.

Le problème est là.
Dire que j'aime beaucoup un vêtement ne veut pas dire pour autant que j'aime le porter.

Combien de fois je n'ai pas enfilé un truc le matin pour aller me changer quelques heures plus tard parce que je me sentais déguisée?
Pourtant, je vous assure que déguisée, je ne l'étais pas... point d'oreilles de lapin à l'horizon, même si c'est ultra tendance. Non. Juste une jupe de couleur qui me hurle aux yeux, des chaussures un peu trop classiques, une robe H&M à volants un peu trop fifille...

Tout ça j'en ai marre. L'expérimentation c'est bien beau mais c'est fatiguant.

Exemple:
Je sais très bien que je ne porte pas de rose.
Je n'en ai jamais porté.
Je n'aime pas ça.
Ce n'est pas moi.
Alors on ne va pas plus loin.

On peut faire la même chose avec les spartiates, le boyfriend jeans, les baskets...

Ca fait quelques temps que me demande qui je suis pour savoir ce que je dois porter. Et j'avoue que, même si je vous prive d'images, ça marche assez bien. Je me sens mieux dans mes bottes, dans mes slims, tout ça.

J'ai fait un mix de ce que j'aime, la musique que j'écoute, que j'ai toujours écouté, ce qui m'a fait devenir moi, mes films préférées, les créateurs qui me parlent vraiment, ma façon de vivre, de manger, de ce qui me fait rire, ou pleurer, des filles qui m'inspirent, que j'aime, de ce dont je rêve, de mon passé, de mes défauts, de ce qui a marqué ma vie.

Ce qu'il y a dans ma tête c'est du Ann Demeulemeester, une chanson de Garbage, du bordel, des textes de Fernando Pessoa, de la nostalgie, du punk rock d'adolescent, du gris, du noir, du bleu un peu.

p_R_dem

Je pense qu'on a besoin de se poser des questions parfois. Pas d'analyser, non. Juste de recentrer les choses pour pas se perdre dans un à côté qui ne nous va pas.
Et une fois qu'on sait ce qui nous va, ce dans quoi on se sent nous mêmes, à l'aise avec ce que nous avons là dedans, ce qu'on veut montrer ou cacher, nos secrets et nos souvenirs... ça se passe beaucoup mieux lors des achats et lors des essayages du matin.

Et ça promet un avenir plus ciblé, certes, mais finalement tellement plus créatif.

La phrase du Glamour de tout à l'heure c'était 'Mon père m'a appris qu'en matière de vêtements, quand tu trouves ton style, tu le répètes, tu le creuses, tu l'affines.' Celle qui dit ça c'est Aude.

Merci Aude. Et merci à son papa.

Je vous laisse en vous disant que, finalement, j'ai profité du weekend pour faire une ou deux photos... donc ça devrait suivre.

Bonne semaine!

Peinture: Raphaël Demarteau